Aujourd’hui en France, 49 % des adolescentes abandonnent le sport avant leurs 15 ans (UNESCO-2024), et 45 % d’entre elles le font contre leur gré (étude de MGEN Étude inédite : adolescentes et sport, le grand décrochage – Espace presse MGEN ). La Fédération Française des Clubs Universitaire est consciente des disparités d’opportunités liées au genre et se préoccupe de faire du monde sportif un tremplin vers l’égalité.
C’est pourquoi en reprenant les différents axes de freins auxquels font face les jeunes filles pour accéder ou poursuivre leur pratique sportive, la FFCU propose plusieurs leviers d’actions. Ces problématiques sont mises en lumière par l’étude « Le décrochage sportif des adolescentes, une inégalité de santé publique majeure. », publiée en 2026 par la MGEN.
1/ La non prise en compte des spécificités du corps féminin
L’enquête démontre qu’il s’agit du premier frein à la poursuite de la pratique sportive chez les adolescentes. En effet, dans un environnement où le corps masculin est le standard, le manque d’informations et de considération pour les changements hormonaux de la part des encadrants affecte les jeunes filles au moment de leur puberté.
Ainsi, 63 % des adolescentes estiment que les changements physiques rendent le sport moins agréable. En effet, à cette période de la vie, le rapport au corps est fragilisé avec l’accumulation des gênes corporelles (poids, poitrine, croissance, menstruations).
Pour accompagner cette transition de l’adolescence vers l’âge adulte, la FFCU proposera une série de vidéos invitant des psychologues, représentant(e)s des étudiant(e)s et représentant(e)s des encadrant(e)s sportifs à aborder le sujet de la santé mentale des étudiant(e)s.
Il sera proposé au cours de ces épisodes, des outils permettant de mieux appréhender la santé mentale des jeunes sur et en dehors du terrain. Cette disparité d’accès à la pratique sportive peut être réduite par une plus grande connaissance des besoins des jeunes filles qui souhaitent continuer le sport même pendant leurs études.
2/ Un environnement qui met encore trop souvent les jeunes filles sous pression
Le deuxième axe de l’enquête met en lumière le poids du regard social qui pèse sur les jeunes filles dans le milieu sportif. Nombre d’entre elles déclarent avoir été confrontées à des comportements déplacés et expriment un sentiment d’insécurité persistant dans certains contextes de pratique. Les mineurs sont particulièrement concernés : un enfant sur sept déclare avoir été victime de violences dans le monde du sport, et ils représentent à eux seuls 84 % des victimes de violences recensées dans ce milieu.
Face à ce constat, la FFCU a déployé une formation dédiée à la lutte contre les violences, visant à former des référents au sein des clubs. D’une durée de 12 heures, cette formation aborde des thématiques essentielles telles que le bizutage, les discriminations, les violences sexistes et sexuelles, ainsi que les violences psychologiques et physiques. Pensée pour être accessible au plus grand nombre, elle permet aux jeunes filles comme aux jeunes garçons d’identifier une personne ressource vers laquelle se tourner en cas de difficulté.
Par ailleurs, la FFCU œuvre activement à la mise en place du dispositif des Boîtes aux lettres Papillons. Cet outil simple et discret permet aux enfants de signaler des comportements abusifs en toute confidentialité, avec la garantie qu’un accompagnement adapté leur sera proposé.
À travers ces actions, la FFCU agit pour faire des structures sportives des espaces sûrs, où les jeunes filles peuvent pratiquer leur activité en toute sérénité.
3/ Une pratique encore peu accessible pour les filles
L’enquête révèle également l’existence de freins structurels qui limitent l’accès des jeunes filles à la pratique sportive ou favorisent leur décrochage. Les inégalités persistent, notamment en matière d’accès aux équipements et de répartition des créneaux horaires, encore trop souvent défavorables au sport féminin. Pour y répondre, la FFCU encourage la création de sections féminines ainsi que l’organisation d’événements paritaires, voire entièrement dédiés aux femmes. À titre d’exemple, l’Université Sportive d’Été 2024, organisée à Paris, portait sur la thématique : « Les femmes dans le sport, un terrain de jeu inégal ? ».
La fédération mène également des enquêtes régulières et soutient activement la promotion de la place des femmes dans le sport, notamment à travers les financements PSF, attribués aux clubs qui s’engagent en faveur de l’égalité.
4/ Une culture de la compétition fortement dissuasive
L’étude de MGEN met en lumière le fait que dans beaucoup de cas, l’injonction à la performance pousse à l’abandon complet de la pratique sportive. On le voit à travers des témoignages, tels que « Quand, je vois que j’avance plus, ça me dégoûte, j’ai envie d’arrêter » ou « On a les notes à l’école et les classements au sport, c’est pareil ». Cela a pour effet de transformer leur relation au sport, et d’impacter leur estime d’elles-mêmes. Et ce, jusqu’à, leur retrait total de ces activités pour certaines.
Bien que les performances soient valorisées au sein de la Fédération, le sport existe bien en dehors du cadre de la compétition. C’est pourquoi la fédération apporte son soutien, via les financements d’appel à projets PSF, aux sections focalisées sur le sport loisir, les activités physiques adaptées et le sport santé au sein de ses clubs universitaires.
Ainsi, l’ensemble de ces démarches s’inscrit dans un engagement fort et durable de la fédération. Le décrochage des jeunes sportives est un enjeu majeur sur lequel la FFCU travaille au quotidien, à travers des actions concrètes et structurantes. Les clubs doivent être des lieux où chacun·e se sent en sécurité, et où la pratique sportive constitue avant tout un espace de bien-être, d’épanouissement et de développement personnel.
